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But International adopte l’exosquelette Japet pour soulager le port de charges

Par Guillaume Trecan | le | Equipement

Directeur des sites logistique de But, Thomas Daudré-Vignier, s’apprête à développer l’usage à plus grande échelle des exosquelettes Japet sur son site logistique de Lyon. Un outil d’aide et de prévention des troubles physiques qui s’inscrit dans une série d’investissements déjà réalisés par le distributeur.

But International adopte l’exosquelette Japet pour soulager le port de charges
But International adopte l’exosquelette Japet pour soulager le port de charges

But International va acquérir cette année entre cinq et dix exosquelettes Japet, en plus des cinq déjà en test depuis un an sur ses sites logistiques de Pusignan et Mions, près de Lyon. Ces deux sites, par lesquels transitent notamment les meubles à plat, des canapés, des fauteuils et de la literie, sont en effet ceux où le port de charge est le plus élevé. « Dans le meuble à plat, un préparateur peut préparer jusqu’à huit tonnes par jour de colis », explique le directeur des sites logistique de But International, Thomas Daudré-Vignier. Durant les douze derniers mois, 70 à 80 personnes ont testé cet équipement et en ont validé l’intérêt, inscrivant leurs impressions et faisant part de leurs remarques sur un cahier de retour d’expérience. « Tous nos titulaires et tous nos intérimaires qui sont là depuis un moment l’ont testé », confirme le directeur des sites logistique de But International.

Thomas Daudré-Vignier,directeur des sites logistique de But International. - © D.R.
Thomas Daudré-Vignier,directeur des sites logistique de But International. - © D.R.

Un exosquelette mal adapté peut aggraver un geste en en soulageant un autre

                                                                                                                                             

Des exosquelettes livrés après un diagnostic

Avec cet investissement non neutre - chaque exosquelette coûte 5 000 euros - il réalise finalement son objectif initial dans lequel ce sont paradoxalement les équipes de Japet qui l’ont freiné, préférant étudier avec lui au préalable ses besoins avant de lui livrer du matériel. « Ils voulaient savoir si l’entreprise avait une vraie démarche de prévention, un vrai credo et ne se contentait pas d’un essai de façade », éclaire le directeur de sites logistique, qui avoue avoir été séduit par cette approche non mercantile. Une approche raisonnée et médicale cruciale, sachant que, comme le fait remarquer Thomas Daudré-Vignier, « un exosquelette mal adapté peut aggraver un geste en en soulageant un autre. »

But International a donc testé ces exosquelettes après un diagnostic des postes de travail effectué par Japet, qui a ciblé les préparateurs de commande et les opérateurs qui déchargent les containers. Equipé de quatre vérins alimentés par une batterie, l’exosquelette soulage à la fois leurs gestes de portée, soutient leur colonne vertébrale et les oblige à adopter la bonne pratique consistant à plier les genoux pour prendre un colis et le positionner.

Il doit être porté en moyenne 2 h 30 à trois heures par jour, en particulier en deuxième partie de journée. En effet les corps sont moins éprouvés le matin, depuis que But International a instauré une séance quotidienne d’échauffement musculaire de quatre minutes à la prise de poste. L’après-midi, en revanche, après la coupure méridienne, est plus à risque.

Caméras pour caristes, plaques anti-vibration…

L’achat de ces exosquelettes est loin d’être la seule solution avancée par But International en termes de prévention des troubles physiques. Thomas Daudré-Vignier avait par exemple déjà travaillé avec la Caisse d’Assurance retraite et de la santé au travail (Carsat) de Rhône Alpes pour mettre en place des convoyeurs d’aide au déchargement. « Nous faisons tout ce que nous pouvons pour soulager le port de charges. Afin d’éviter que les caristes aient besoin de se pencher en permanence pour vérifier que leurs fourches sont à la bonne hauteur, nous avons fait positionner des caméras sur ces fourches, reliés à un écran fixé à hauteur de visage », ajoute Thomas Daudré-Vignier, qui cite également des sièges ergonomiques, des plaques anti-vibration pour charger les camions ou encore des filmeuses automatiques.

J’ai vu des problématiques de mal de dos, de hernie, de cariste elbow apparaitre et j’ai toujours eu comme credo de prendre soin des conditions de travail de mes salariés 

Ces investissements répondent à une évolution de la profession d’opérateur logisticien dont Le directeur des sites logistiques de But International a constaté le vieillissement au fil de sa carrière. « Cela fait 26 ans que je travaille dans le monde de la logistique et de la distribution et j’ai vu les conditions de travail évoluer. J’ai aussi vu la population vieillir. Le pôle intelligence logistique que je préside a sorti une étude sur ce sujet et nous avons constaté que la moyenne d’âge est aujourd’hui de 43 ans, contre 35 ans au début de ma carrière. J’ai vu des problématiques de mal de dos, de hernie, de cariste elbow apparaitre et j’ai toujours eu comme credo de prendre soin des conditions de travail de mes salariés », défend-il, insistant par ailleurs sur le faut qu’« il faut aussi protéger les plus jeunes pour éviter qu’ils ne souffrent dans vingt ans. »

Des attentions pour séduire de nouveaux candidats

Ne pas prendre en compte ces considérations de santé et sécurité au travail serait non seulement une faute morale, mais aussi une erreur stratégique étant donnée les tensions sur le marché du travail dans la logistique. Ainsi, sur le bassin d’emploi de Saint-Quentin-Fallavier, la zone logistique la plus importante de France, il reste difficile de recruter du personnel. De fait, les intérimaires constituent un tiers des 450 personnes travaillant sur les sites logistiques de But, dont 90 % sont susceptibles d’avoir des activités physiques.

Il reste à ce jour entre 500 et 800 postes non pourvus 

« La logistique sur le bassin du Nord Isère représente 13 000 salariés. Dans cette situation de quasi plein emploi, il reste à ce jour entre 500 et 800 postes non pourvus », analyse Thomas Daudré-Vignier. Améliorer le confort de travail est indéniablement un moyen de séduire de nouveaux candidats, notamment des femmes qui ne constituent encore que 16 % des effectifs de But International Logistique, mais qui représentent un vivier de candidatures importants.

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