Logistique

L’immobilier logistique veut positiver sur les contraintes qui le pénalisent

Par Guillaume Trecan | Le | Immobilier

Dans le cadre de la deuxième édition de la semaine de la logistique, une quarantaine de sites sont ouverts au public du 16 au 19 novembre à l’initiative de l’Afilog. Pour cette association qui regroupe les professionnels de l’immobilier logistique, ce moment est aussi l’occasion de faire le point sur les évolutions d’un secteur en tension mais qui n’en oublie pas moins d’évoluer.

L’immobilier logistique veut positiver sur les contraintes qui le pénalisent
L’immobilier logistique veut positiver sur les contraintes qui le pénalisent

L’Afilog ouvre cette semaine une quarantaine de sites au public pour promouvoir cette filière logistique dont le poids en France est loin d’être neutre et promet de se développer encore. A l’heure actuelle, pas moins de 96 000 offres d’emplois sont à pourvoir dans les transports et l’entreposage, alors que la logistique emploie déjà deux millions de salariés et représente 10 % du PIB.

Des contraintes environnementales qui compliquent la donne

Un an après avoir signé avec l’Etat une charte d’engagements environnementaux et territoriaux réciproques, les professionnels Afilog ont également la volonté d’afficher fièrement les résultats de leurs engagements environnementaux. Des résultats que reflètent plusieurs indicateurs : les nouveaux entrepôts bénéficient systématiquement d’une certification environnementale ; 60 % sont implantés sur d’anciennes friches industrielles sans nouvelle artificialisation des sols ; et 90 % de ces nouveaux sites logistiques intègrent des panneaux photovoltaïques sur au moins la moitié de leur toiture.

Longtemps la France s’est crue incontournable sur la carte de la logistique internationale

Autant positiver, dans la mesure où ces évolutions sont le fruit de contraintes subies qui compliquent encore un peu une situation déjà bien tendue en termes de réserve foncière disponible. Des contraintes qui contribuent d’ailleurs à faire reculer la position de la France sur le plan du dynamisme logistique à l’international, selon les dires même du sous-directeur en charge des services marchands à la DGE (Direction générale des entreprises), Geoffroy Cailloux. « Longtemps la France s’est crue incontournable sur la carte de la logistique internationale », rappelle-t-il, avant de développer : « le barycentre économique de l’Europe s’est développé vers l’Est ; nous sommes donc entièrement contournables ».

Un recul de la France que confirme d’ailleurs l’Index de performance logistique édité par la Banque Mondiale. « Ce réveil en forme de douche froide nous a amenés à nous organiser », explique Geoffroy Cailloux, qui met en particulier en avant le travail mené dans le cadre du Cilog. La publication d’une cartographie de 49 sites « territoires de logistique » immédiatement disponibles pour des projets logistiques en 2021 a constitué notamment un premier pas important. Elle sera enrichie dans les mois à venir par le travail des Conférences régionales de la logistique qui doivent aider à identifier d’autres sites opportuns.

Pour la DGE, ce travail, auquel concourent les membres de l’Afilog , doit porter ses fruits, mais le gouvernement mise aussi sur l’innovation et Geoffroy Cailloux site volontiers la réussite exemplaire d’Exotec.

Prologis : La France est un territoire sur lequel il faut libérer les énergies

Cécile Tricault, Senior Vice-présidente Europe du Sud de Prologis. - © Thomas Raffoux
Cécile Tricault, Senior Vice-présidente Europe du Sud de Prologis. - © Thomas Raffoux

Dans un marché immobilier logistique très tendu, qu’apporte la démarche collective engagée au sein de l’Afilog, dont Prologis est un membre fondateur ?

La raison d’être de l’Afilog est de mutualiser les difficultés, les challenges et les réussites de notre secteur économique ; mieux se faire connaître, promouvoir nos activités, essayer de résoudre ensemble les problèmes. Nous n’échangeons pas spécifiquement sur nos fonciers. La problématique de rareté du foncier est une de nos problématiques parmi d’autres. A titre personnel, c’est celle sur laquelle je concentre actuellement mes forces. Sur ce sujet-là aussi, il est important que nous puissions parler d’une seule voix sur ce sujet pour mieux nous faire entendre.

Comment percevez-vous l’initiative de la DGE tendant à favoriser la transparence sur les sites disponibles ?

Plusieurs marchés, en Europe, sont beaucoup plus transparents que la France. Cela demande un changement de paradigme pour nous, parce que nous avons eu l’habitude, jusqu’à présent, d’être assez protecteurs sur nos informations. Mais plus de transparence sur ce point n’empêche pas la compétition.

Quel regard portez-vous sur la situation de la France par rapport aux autres pays européens sur lesquels s’étend votre responsabilité ?

Nous avons longtemps été l’un des pays dans lesquels il était le plus difficile d’opérer en Europe pour des raisons notamment réglementaires. Nous nous apercevons aujourd’hui que cette problématique d’accès au foncier est mondiale. Les Etats-Unis la partagent, de même que mes collègues d’Allemagne ou d’Angleterre. Le sujet des normes et de l’impact environnemental a atteint d’autres pays tels que l’Italie chez qui les démarches étaient autrefois plus simples. Nous nous inscrivons totalement dans cette tendance. Nous souhaitons travailler de concert et trouver des solutions ensemble sur ces sujets, en étant engagés et sincères. Au niveau mondial, la France est vue comme un territoire d’opportunité, mais c’est un territoire sur lequel il faut libérer les énergies. Le potentiel de développement est important, mais les freins sont assez forts.

Quels sont les points clefs, selon vous, pour libérer les énergies ?

Un meilleur accès au foncier, ainsi qu’un allègement des contraintes administratives, ou du moins un meilleur dialogue avec les différentes instances de l’Etat. C’est tout le travail que nous sommes en train de faire, notamment avec la direction générale des entreprises et à travers la charte de l’Afilog. Sa signature il y a un an et demi constitue un élément fondateur et elle va évoluer. Les idées que nous avions émises lors de sa création ont été confrontées au réel et il y a aujourd’hui quelques ajustements nécessaires.

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