Stratégie supply

Carrefour : « La première installation Exotec au monde en alimentaire »

Par Guillaume Trecan | le | Retail

Mourad Bensadik, directeur e-commerce France et opérations e-commerce groupe de Carrefour, présente le ROI de l’automatisation de son site du Plessis-Pâté avec Exotec. Une expérience commencée par le drive, étendue à l’alimentaire et bientôt la livraison à domicile. Avec les robots Exotec, le distributeur équipe également des micro-fulfillment center dans quatre hypermarchés.

Carrefour : « La première installation Exotec au monde en alimentaire »
Carrefour : « La première installation Exotec au monde en alimentaire »

Pouvez-vous nous rappeler le besoin qui vous a conduit à robotiser vos sites logistiques ?

Notre volonté était d’accompagner nos ambitions de croissance du e-commerce en centralisant et en industrialisant notre picking, tout en réduisant le temps de préparation en magasin. Cela s’est traduit par des investissements dans la mécanisation de nos sites de Paris et Lyon. D’abord à Saint-Quentin-Fallavier, que nous avons équipés avec Dematic, de même que notre site d’Aulnay-sous-Bois. Au Plessis-Pâté, au sud de Paris, nous avons complété ces dispositifs par une installation Exotec, destinée initialement à desservir le Drive. Nous l’avons adaptée pour qu’elle soit compatible avec nos activités alimentaires, d’abord le sec, à partir de janvier 2020, puis le frais. A partir d’octobre 2022, nous allons transformer nos sites, de sorte qu’ils puissent devenir polyvalents et ainsi servir également nos clients de la livraison à domicile.

Notre installation Exotec nous permet aujourd’hui de traiter 200 000 articles par jour et nous avons la possibilité de doubler la capacité au sein du bâtiment

Quelle est la dimension de votre installation Exotec du Plessis-Pâté ?

Elle compte 226 robots qui évoluent pour les deux-tiers en sec et un tiers en frais sur une surface de 24 000 m². Notre installation Exotec nous permet aujourd’hui de traiter 200 000 articles par jour et nous avons la possibilité de doubler la capacité au sein du bâtiment. Cela nous permet de faire face aux pics d’activité structurels que nous connaissons en fin et en début de mois, en janvier, ou encore à la rentrée scolaire. L’installation Exotec a été réalisée de sorte que nous puissions très rapidement ajouter des modules et des robots. Nous l’exploitons en l'état et nous la configurons pour nous accompagner dans la croissance.

Nous avons disposé des modules Exotec dans une partie de la réserve de quatre hypermarchés pour préparer des commandes

Allez-vous étendre cette première expérience au-delà du Plessis-Pâté ?

Depuis 18 mois nous testons également un autre modèle avec Exotec pour des Micro Fulfilment Center. Nous avons disposé des modules Exotec dans une partie de la réserve de quatre hypermarchés pour préparer des commandes, à la fois pour le drive et pour la livraison à domicile. Chaque Micro Fulfilment Center comprend entre 21 et 26 robots. Ce type d’installation nous permet d’élargir le champ des possibles pour pouvoir accompagner notre croissance dans des bassins de consommation identifiés avec une qualité de service assez impressionnante. 

La robotisation du Plessis-Pâté, permet à Carrefour de traiter 600 articles à l’heure… par robot. - © D.R.
La robotisation du Plessis-Pâté, permet à Carrefour de traiter 600 articles à l’heure… par robot. - © D.R.

Quels sont les KPI de réussite de votre projet Exotec au Plessis-Pâté ?

Le premier est la largeur de l’offre que nous proposons à nos clients. Sur le Plessis-Pâté, nous proposons entre 15 000 et 16 000 références. Le second, c’est une fiabilité du picking supérieure à 99 %. C’est un atout majeur dans l’environnement e-commerce, de même que la productivité. En moyenne, un robot Exotec permet d’atteindre 600 articles à l’heure. L’ergonomie est également un élément important quand on connait les difficultés à recruter dans notre secteur.

En plus d’être la première installation Exotec au monde en alimentaire, nous avons à ce jour l’installation frais la plus importante

Sur quelles dimensions avez-vous adapté les équipements Exotec ?

Nous avons travaillé avec Exotec sur de petites évolutions, comme la prise en compte des DLC, pour faire en sorte que l’alimentaire puisse être adressé dans les meilleures conditions. L’ingénierie a aussi été mobilisée pour que l’installation soit compatible avec la gestion du frais, les batteries et certains composants électroniques étant peu compatibles avec la zone frais. En plus d’être la première installation Exotec au monde en alimentaire, nous avons à ce jour l’installation frais la plus importante. Nous nous sommes appuyés pour cela sur le retour d’expérience que nous avons développé avec Dematic sur nos sites de Saint-Quentin-Fallavier et Aulnay-Sous-Bois.

Nous avons également étudié en réalité virtuelle la conception des postes de travail, ce qui nous a permis d’améliorer le confort de travail et l’environnement immédiat des collaborateurs en les équipant d’un tapis antifatigue, en adaptant le positionnement des boutons à hauteur, en inclinant les bacs pour permettre une préhension plus simple des articles, etc.

D’un point de vue gestion des ressources humaines, comment avez-vous accompagné le déploiement de la robotisation ?

Ce site étant précédemment dédié à l’activité boisson pour le retail, la population qui y travaillait n’évoluait pas dans l’environnement e-commerce. Nous avons donc formé les collaborateurs en conséquence et nous avons développé leur polyvalence. Cela a nécessité un plan de formation de plusieurs mois. Cet accompagnement ne s’arrête pas, puisque nous voulons que nos collaborateurs soient systématiquement dans une bonne dynamique. Ce site industriel a à peine deux ans et est un site en devenir.

Nous travaillons à la fidélisation de nos collaborateurs. Différents facteurs peuvent y contribuer, notamment la digitalisation

Sur ce site du Plessis-Pâté travaillent 120 collaborateurs en CDI et des intérimaires pour nous accompagner sur les pics d’activité. C’est un bassin d’emploi assez compliqué, sur lequel se trouvent d’autres grands sites logistiques nous travaillons à la fidélisation de nos collaborateurs. Différents facteurs peuvent y contribuer, notamment la digitalisation.

Qu’est-ce qui vous a convaincu d’opter pour la solution d’Exotec dans ce cas de figure ?

Nous avons apprécié d’avoir en face de nous une start-up dont la solution présentait un fort degré d’agilité et d’adaptabilité à l’évolution de nos besoins. Nous disposons en effet d’une réserve foncière sur le site du Plessis-Pâté pour accompagner la croissance de nos activités e-commerce. La seconde raison de notre choix c’est la fiabilité. Nous avons ouvert nos livres et il était important que la société qui nous accompagnait s’engage sur une performance et qualité de picking, à la hauteur de nos ambitions.

Nous sommes aussi amenés à travailler avec des acteurs internationaux,  notamment israéliens, canadiens ou encore autrichiens

Est-ce que le fait qu’Exotec soit un acteur français a joué un rôle dans votre choix ?

La première chose que nous regardons, c’est la valeur ajoutée apportée aux clients. Le fait que ce soit un acteur français joue également car la proximité nous a aidés, en particulier dans les phases de co-construction. Mais notre benchmark ne se limite pas à la France. Nous sommes aussi amenés à travailler avec des acteurs internationaux, notamment israéliens, canadiens ou encore autrichiens.

Avec quels autres services en interne travaillez-vous sur le déploiement de ces nouvelles solutions de robotisation ?

Des collaborateurs des opérations e-commerce sont totalement dédiés aux sujets process méthodes et ingénierie en entrepôt. La direction innovation de Carrefour Groupe nous permet aussi d’aller chercher toutes les initiatives existantes sur le marché. Notre collaboration avec la direction des achats indirects nous donne la chance d’ouvrir le champ des possibles pour trouver systématiquement les meilleures solutions.

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