Logistique

Dispeo recrute 150 personnes et investit dans son WMS

Par Guillaume Trecan | le | Logisticien

Le logisticien spécialiste du e-commerce, Dispeo se lance dans une vague de recrutements de 150 postes pour son nouveau site de Lille. Une nécessité pour servir ses nouveaux clients tels que Gap et Cyrillus. La modernisation de son WMS est l’autre moyen d’adapter sa réponses aux besoins d’agilité de l’omnicanal.

Dispeo ambitionne de généraliser son nouveau WMS au premier trimestre 2023. - © D.R.
Dispeo ambitionne de généraliser son nouveau WMS au premier trimestre 2023. - © D.R.

Le logisticien Dispeo est en train de réaliser une année 2022 en trompe-l'œil, avec un chiffre d’affaires qui devrait être stable, à 82 millions d’euros, mais cinq nouveaux clients, dont les derniers, Gap et Cyrillus. La signature d’une nouvelle enseigne spécialisée dans le sport devrait également être officialisée sous peu. « Du fait d’une baisse de la consommation, sans ces nouveaux clients, à périmètre constant, nous aurions enregistré une baisse de nos volumes de 15 % à 20 % », constate le directeur général du logisticien, Philippe Bourriot.

Un cinquième site à Lille

Pour preuve de son dynamisme commercial, Dispeo vient d’ouvrir un cinquième site à Lille, avec lequel la société dispose désormais de 100 000 m2 au sol et 300 000 m2 déployés. La société emploie 1 000 collaborateurs et a ouvert 150 postes au recrutement à pourvoir d’ici au 1er janvier 2023. Soixante nouveaux salariés ont déjà rejoint le groupe depuis le 1er juillet : préparateurs de commandes, managers, ingénieurs méthode et process, responsables qualité…

Philippe Bourriot, DG de Dispeo. - © D.R.
Philippe Bourriot, DG de Dispeo. - © D.R.

Avec ces nouvelles recrues, autour de cette croissance, nous recréons une communauté et une culture d’entreprise

« Avec ces nouvelles recrues, autour de cette croissance, nous recréons une communauté et une culture d’entreprise », explique Philippe Bourriot, qui a pris la tête de Dispeo il y a un an et demi, après son rachat par le groupe Hopps en 2018 qui a également acquis la même année l’entreprise ex-ADS (Alpha Direct Services). Cette histoire explique la double culture qui est aujourd’hui celle de Dispeo. Fondé au départ dans le Nord pour les 3 Suisses, Dispeo en a hérité une capacité d’industrialisation de la logistique. De son côté, les ex-ADS ont apporté dans la corbeille sa culture e-commerce. Pour tirer vers le haut la société, le benchmark interne fonctionne à plein : les pratiques de GMAO développées par Dispeo servent par exemple de référence pour les ex-sites ADS, dont la souplesse dans la gestion des astreintes doit, à l’inverse, inspirer les sites Dispeo du Nord.

Souplesse commerciale et développement de l’omnicanal

« Avec ces deux entités - l’une très industrielle et l’autre plus tournée vers le client - nous avons aussi la capacité à répondre à des acteurs de taille moyenne dans leur stratégie e-commerce et omnicanale », précise Philippe Bourriot. Des acteurs parfois très exigeants dont Philippe Bourriot n’hésite pas à reconnaître : « ils nous poussent à travailler mieux dans un contexte où leur promesse clients repose sur une capacité à livrer juste à temps au meilleur coût. » Des acteurs avec lesquels la double-culture du groupe est précieuse, pour répondre à leurs préoccupations en termes de service client d’une part, mais aussi pour pouvoir leur proposer des services logistiques duplicables et susceptibles d’être développés à l’échelle.

Lorsque toutes les commandes que l’on traite sont différentes, cela implique une attention soutenue et d’autres gestes pour l’opérateur

Pour nourrir son développement, Dispeo doit faire évoluer son modèle pour qu’il reste en phase avec les besoins des clients dont la distribution est omnicanale. Le logisticien travaille aussi bien avec des boutiques, le web et des marketplaces. « C’est autant un sujet RH qu’un sujet IT », décrypte Philippe Bourriot, qui explique : « le packaging varie selon l’origine de la commande, ce qui exige une grande souplesse opérationnelle. Sur des flux réguliers, ce n’est pas un problème, les gestes sont répétables, mais ce n’est pas le cas lorsque toutes les commandes que l’on traite sont différentes, cela implique une attention soutenue et d’autres gestes pour l’opérateur. »

Nous travaillons aujourd’hui avec deux versions du WMS de Manhattan et notre objectif serait d’avoir à la place un core model Dispeo

Cette souplesse doit aussi se retrouver dans les outils de Dispeo, qui investit en particulier dans son WMS. « Nous travaillons aujourd’hui avec deux versions du WMS de Manhattan et notre objectif serait d’avoir à la place un core model Dispeo. A cet outil aujourd’hui très complet nous devons apporter de la souplesse », note le directeur général de Dispeo qui travaille avec certains de ses clients à définir ce qui relève du core model et ce qui doit rester du domaine de paramétrages spécifiques. « Au premier trimestre 2023 notre core model devrait être déployé chez tous nos clients structurants et il sera la référence unique pour tous les nouveaux clients », avance Philippe Bourriot.

Transférer cet article à un(e) ami(e)