Solutions et techno

Pickme lève 3,5 millions d’euros pour la réception collaborative de colis

Par Guillaume Trecan | Le | It

Jessie Toulcanon, fondatrice de la startup Pickme, explique comment elle va tirer profit de la levée de fonds de 3,5 M d’€ que vient de boucler la startup. Avec 100 000 particuliers inscrits sur son application et un maillage sur l’ensemble de la France, Pickme promet aux transporteurs de ne plus rater une distribution de colis.

L'équipe Pickme, avant la recrutement d’une quinzaine de collaborateurs de plus programmé pour 2023 - © D.R.
L'équipe Pickme, avant la recrutement d’une quinzaine de collaborateurs de plus programmé pour 2023 - © D.R.

« Cette levée de fonds a pour objectif de consolider l’usage en France et de devenir leader », explique la fondatrice de Pickme, Jessie Toulcanon. En mai 2021, Pickme avait effectué une première levée de fonds en seed de un million d’euros auprès de business angels, dont Founders Future et de la BPI. Cette fois, outre Founders Future qui remet au pot, des fonds d’investissement sont impliqués dans le tour de table, dont Kima Ventures et OneRagtime. « Nous avons levé à un moment très difficile où les investissements étaient rares et nous avons ciblé des investisseurs capables de soutenir des modèles distributifs. Nous voulions aussi trouver des fonds avec qui nous avions envie de travailler et qui croient en notre modèle », insiste la fondatrice.

Passer de 12 à 27 collaborateurs en 2023

Les fonds levés vont à 80 % être consacrés à des recrutements. En plus des douze salariés qui travaillent actuellement en son sein, la société doit recruter une quinzaine de personnes sous douze mois, avec pour ambition principale de renforcer son équipe de développeurs, mais également l’équipe service client.

Jessie Toulcanon. - © D.R.
Jessie Toulcanon. - © D.R.

Notre mission depuis le début consiste à assurer le succès de la livraison de colis dès la première tentative grâce à un réseau de voisins relais

Passée par des fonctions marketing digitale et e-commerce chez Antik Batik et Kookai, la fondatrice de Pickme a créé cette startup fin 2019, avant d’être rejointe, mi 2020, par Florian Rives (CTO) et Samuel Rousseau (COO). Dans ses précédentes fonctions, elle avait pu constater le point critique du dernier mètre dans la livraison à domicile. « Je me suis rendu compte que plus de 60 % des appels au service client concernaient une mauvaise réception de colis », rappelle-t-elle. « Notre mission depuis le début consiste à assurer le succès de la livraison de colis dès la première tentative grâce à un réseau de voisins relais mis en relation avec les transporteurs. Ce sont des particuliers, que nous appelons dans notre jargon des Keepers, qui téléchargent notre application et sont d’accord pour rendre service et créer du lien social dans leur quartier en échange d’un petit complément de revenue », explique Jessie Toulcanon.

Pickme compte à ce jour quatre clients transporteurs - Geodis, Colissimo, DHL et GLS - a qui la société offre une solution pour améliorer leur chiffre moyen de 30 % d'échec en première tentative de livraison et elle rémunère ses Keepers jusqu’à un euro par colis.

Une appli avec 100 000 particuliers inscrits

Pickme vient de passer la barre des 100 000 particuliers inscrits sur son application, ce qui ne signifie pas qu’ils soient tous en activité et mettent en permanence à jour leur agenda. En moyenne, un Keeper, reçoit une cinquantaine de colis par mois. « Tout l’intérêt de notre réseau, c’est le maillage. Aujourd’hui, nous sommes en moyenne à moins de 450 mètres des destinataires », assure Jessie Toulcanon qui se réjouit de couvrir l’ensemble du territoire depuis le mois de novembre. « Historiquement nous nous sommes lancés sur des zones urbaines parce que c’est là que se trouvent les volumes. Aujourd’hui, nous sommes à 70 % sur de l’urbain et de l’hyper-urbain et à 30 % sur du rural, mais nous espérons que cela va s’équilibrer. »

Pour se développer en zone rural, PickMe a dû travailler avec ses clients transporteurs pour qu’ils puissent eux-mêmes venir chercher leurs retours : les colis dormant que ne viennent pas chercher les destinataires, qui représentent moins de 0,5 % mais doivent être récupérés. Cela passe par de l’intégration technique afin de pouvoir tracer les colis. « Tout notre travail avec les transporteurs consiste à mettre à leur disposition des solutions techniques et d'évolution de leurs systèmes d’information », précise Jessie Toulcanon.

Aujourd’hui, nous considérons nos voisins relais comme des micro-hubs

Des missions de reverse logistique pour les Keepers

Le développement de Pickme passe aussi par l’extension de son offre de service. « Aujourd’hui, nous considérons nos voisins relais comme des micro-hubs, dans la mesure où ils ne sont pas seulement amenés à réceptionner des colis, mais aussi à les collecter et à les livrer », explique Jessie Toulcanon.

Pour cela, PickMe s’adapte et équipe ses Keepers pour leur permettre de gérer des flux de retour. « Il ne s’agira plus seulement pour eux de signaler sur l’application leur calendrier de présence à domicile, mais de prendre en charge des missions de reverse logistique », explique Jessie Toulcanon. Un Keeper pourra ainsi fournir un service premium de collecte et de retour d’un colis.

Transférer cet article à un(e) ami(e)