Transport

Les Boîtes à vélo : « Développer la réponse cyclologistique à l’échelle industrielle »

Par Guillaume Trecan | Le | Multimodal

Le 9 novembre dernier, l’association les Boîtes à vélo France, qui réunit une soixantaine d’adhérents autour de la défense de la cyclo-mobilité professionnelle, a lancé les bases d’une fédération professionnelle de la cyclo-logistique. Une vingtaine d’acteurs de la profession s’appliquent maintenant à la faire naître pour le premier trimestre 2023.

Olivier Girault, président des Boîtes à vélo France. - © Céline Morin, Les Boîtes à Vélo - France
Olivier Girault, président des Boîtes à vélo France. - © Céline Morin, Les Boîtes à Vélo - France

A la suite de l’événement fondateur du 9 novembre, les statuts de cette fédération professionnelle ont été déposés comme une section autonome de l’association des Boîtes à Vélos, avec son propre délégué général, et un conseil d’administration. Reste maintenant à ouvrir l’accès aux adhésions, puis sur la base des premiers adhérents, élire un conseil d’administration représentatif.

Un interlocuteur reconnu par les grands acteurs de la logistique

Cette démarche incarnée notamment par Olivier Girault, président par intérim des Boîtes à vélo France et directeur du réseau de coopératives de cyclo-logistique Tout en vélo, procède d’une volonté commune d’« être inscrits dans le paysage institutionnel et de pouvoir peser collectivement sur la nécessité de développer notre filière », comme le résume Olivier Girault. « Nous commençons à sortir de l’anecdotique dans lequel nous étions considérés au départ et l’objectif, maintenant, est de développer la réponse cyclologistique à l’échelle industrielle », explique le directeur de Tout en vélo, qui relève d’ailleurs : « dans le cadre de nos discussions, nous avons par exemple vu le groupe La Poste s’impliquer. Des acteurs tels que Geodis, Heppner, DB Schenker ou encore Dascher travaillent avec des cyclologisticiens. »

Clarifier les valeurs et l’image de la profession

La démarche de ces professionnels, en quête d’une force de frappe, plus que d’une reconnaissance qu’ils estiment avoir acquise sur le terrain, remonte au mois de juin 2021, lorsqu’une première réunion a été organisée avec l’association les Boîtes à Vélos, unissant Tout en vélo avec plusieurs autres professionnelles : les Parisiens Cargonautes, les Lyonnais de Fend la bise, les Toulousains d’Applicolis. Leur ciment était avant tout le sentiment de partager des valeurs communes et la nécessité de les défendre face à une image de la cyclologisitque manquant de clarté dans l’opinion publique. « Force est de constater qu’à cette époque, en sortie de Covid, la cyclo logistique était surtout incarnée, aux yeux du grand public, par les livreurs à vélo de repas à domicile qui travaillent sous un autre format social et fiscal que le nôtre », relate Olivier Girault.

Nous défendons tous les mêmes valeurs, à savoir la structuration sociale de nos travailleurs et des convictions écologiques fortes

Sa propre société, Tout en vélo, représente plus de 90 salariés employés dans 10 SCOPE (sociétés coopératives et participatives), la onzième étant la structure faitière, sous statut de Société coopérative d’intérêt collectif qui fabrique le matériel utilisé dans les Scope et coordonne l’ensemble du réseau. Un statut coopératif qui n’est pas forcément la norme, mais Olivier Girault rappelle tout de même : « quelle que soit la structure juridique dans laquelle nous travaillons, nous défendons tous les mêmes valeurs, à savoir la structuration sociale de nos travailleurs et des convictions écologiques fortes. »

« Nous nous considérons comme un maillon de la chaîne logistique et il nous semblait nécessaire de communiquer sur ce point auprès du grand public et de nos confrères du domaine de la logistique et du transport », poursuit le président de l’association des Boîtes à Vélos.

Définir plus clairement le vélo-cargo

En février 2022, lors du congrès national de l’association, à Nantes, un manifeste d’engagements des cyclo-logisticiens professionnels est rédigé. Courant mai 2022, les Assises de la cyclologistique ont réuni plus de 90 structures pour définir ses trois chantiers de travail prioritaires : la fondation d’une fédération professionnelle ; l’urbanisme et le foncier ; la définition du vélo-cargo et la capacité de transport.

Nous avons besoin que le cadre législatif évolue

Ces travaux passeront notamment par un dialogue avec les pouvoirs publics ce qui renforce encore la nécessité de fonder une structure capable de parler au nom de l’ensemble de la profession. « Nous avons besoin que le cadre législatif évolue. Pour l’instant, les seuls points actés sont ceux donnés par la convention collective du transport qui indique qu’un transporteur à vélo ne peut pas emporter plus de 5 kilos dans son sac à dos. C’est un peu court, sachant que nous pouvons transporter entre 150 et 500 kilos par convoi », rappelle Olivier Girault.

Si nous voulons passer ce cap de changement d'échelle il va falloir que nous arrivions à professionnaliser le secteur

La définition de ce qu’est la cyclologistique - et de ce qu’elle n’est pas - n’est pas anodin et renvoie à la nécessité de trier le bon grain de l’ivraie. « Si nous voulons passer ce cap de changement d'échelle il va falloir que nous arrivions à professionnaliser le secteur, notamment en travaillant sur notre convention collective, sur les compétences, les exigences en termes de sécurité et les capacités de transport nécessaires », résume Olivier Girault.

Enfin, parmi ses premiers chantiers, cette association devra également mettre sur pied un Observatoire de la cyclologistique en France au cours du premier semestre 2023. Ce qui permettra de donner des chiffres précis sur ce que représente cette profession en termes d’emploi et de chiffre d’affaires.

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