Logistique

A Aulnay-sous-Bois, Chronopost s’apprête à franchir les sommets de Noël

Par Guillaume Trecan | Le | Logisticien

Chronopost a investi 40 millions d’euros en deux ans sur son hub logistique hyper-automatisé d’Aulnay-Sous-Bois qui s’apprête à traiter 280 000 colis en une seule journée sur le « peak day » d’avant noël, le 19 décembre. Une deuxième tranche de 18 millions d’euros d’investissement devrait lui permettre d’atteindre la cadence de 400 000 colis par jour en 2024.

Les trieuses permettent aux colis d'être dispatchés en trois minutes vers leur porte de chargement. - © D.R.
Les trieuses permettent aux colis d'être dispatchés en trois minutes vers leur porte de chargement. - © D.R.

Au total, Chronopost s’attend à devoir prendre en charge, la seule journée du 19 décembre, plus de 1,3 million de colis. Sur le hub d’Aulnay-Sous-Bois, ce « peak day » fera monter la cadence de traitement à 280 000 colis par jour. Le lundi suivant le Black Friday, le 28 novembre, a servi de répétition. Mais c’est en réalité depuis deux ans, que Chronopost se prépare, lorsque l’extension et le développement de la mécanisation du site ont été décidés, pour un montant de 40 millions d’euros d’investissement. Le spécialiste du colis express a alors saisi l’opportunité foncière qui s’est présentée pour faire passer la surface du hub d’Aulnay-sous-Bois, de 10 000 m2 à 18 000 m2, ce qui en fait le deuxième plus grand hub de France après celui de Chilly-Mazarin.

Dans le monde de l’express, il faut gagner du temps partout, sur chaque étape du transport

19 555 points de contacts en 1er et dernier kilomètres

Sur l’ensemble de la France, Chronopost dispose de douze hubs qui sont en lien - via plus de 2 000 liaisons routières de nuit - avec une centaine d’agences, treize espaces de livraison urbaine et six Chrono City pour les premiers et derniers kilomètres. En comptant également les agences de La Poste et les points relais, Chronopost comptabilise 19 555 points de contact.

Benoît Frette, président de Chronopost et Nicolas Simon, directeur du site d’Aulnay-Sous-Bois. - © Républik
Benoît Frette, président de Chronopost et Nicolas Simon, directeur du site d’Aulnay-Sous-Bois. - © Républik

Pour optimiser le chargement des camions assurant les liaisons nocturnes entre les hubs et les agences. En 2007, Chronopost est passé du chargement en palette au chargement en vrac. Ce tournant a aussi initié celui de l’industrialisation des hubs. « Dans le monde de l’express, il faut gagner du temps partout, sur chaque étape du transport. Pour réceptionner les camions, transformer ces chargements en vrac et les redistribuer colis par colis vers chacune des destinations, nous avons besoin de hubs complètement industrialisés », explique le président de Chronopost Benoît Frette.

L’industrialisation des hubs a été initiée par le choix du transport des colis en vrac en 2007. - © Républik
L’industrialisation des hubs a été initiée par le choix du transport des colis en vrac en 2007. - © Républik

20 % des colis de Chronopost pendant la peak transitent ici

Outre sa taille, les atouts du hub d’Aulnay-Sous-Bois sont le grand nombre de portes - quarante pour les déchargements, et 119 pour les chargements - mais aussi des capacités de tri à haute cadence, soit 18 000 colis à l’heure en 2021 et 10 000 avant l’extension. « 20 % des colis de Chronopost pendant la peak transitent ici. La première machine a une capacité de 10 000 colis à l’heure et la deuxième de 12 000 à 13 000 colis à l’heure », annonce avec gourmandise le directeur du site d’Aulnay-sous-Bois, Nicolas Simon. C’est en particulier entre 17 heures et 21 heures que le site va chauffer.

Des tapis qui circulent à 10 km/h

Les deux trieurs dont est équipé le hub d’Aulnay-Sous-Bois sont de technologie crossbelt. Ils tournent à une vitesse de 10 km/h, ils évacuent les colis vers les points de chargement des camions en moins de trois minutes en les faisant glisser vers des toboggans, par l’intermédiaire de tapis roulants. Le site est équipé de près de 700 caméras de vidéo-tracking pour suivre les colis sur plus de 1 000 caméras au total sur le site.

Les colis sont analysés par des caméras qui permettent de les orienter en moins de 3 minutes vers les bons points de chargement. - © Républik
Les colis sont analysés par des caméras qui permettent de les orienter en moins de 3 minutes vers les bons points de chargement. - © Républik

Grâce à ces caméras, capables d’inspecter six faces des colis, la non-qualité sur les taux de lecture est descendue à moins de 3,5 %. Côté équipes, environ 200 personnes travaillent sur Aulnay-sous-Bois avec un accroissement de ses intérimaires de 20 % à 30 % en période de pointe.

Deux trieuses de Fives Intralogistics

A l’heure actuelle, le site d’Aulnay-Sous-Bois fonctionne en deux parties, sur lesquelles sont installées deux machines de tri distinctes. La deuxième étant arrivée sur site lorsque Chronopost a eu l’opportunité de l’agrandir. Une troisième étape d’investissement - pour un montant additionnel de 18 millions d’euros - va intervenir après le 26 décembre avec le démontage de la première machine de tri, de marque Leonardo, au profit d’une troisième qui sera cette fois connectée à la deuxième. Les deux plus récentes sont construites par Fives Intralogistics. La trieuse Leonardo d’Aulnay-Sous-Bois, démontée, sera réinstallée sur un hub régional en forte croissance.

Un autre hub automatisé a été équipé à Longjumeau, à proximité du hub de Chilly-Mazarin, pour absorber les volumes d’Aulnay-Sous-Bois pendant les 18 mois de travaux nécessaires à l’implantation de la nouvelle ligne de tri. Lorsque ces machines tourneront à plein, dans deux ans, le hub d’Aulnay-Sous-Bois aura la capacité de traiter plus de 400 000 colis par jour.

Nous sommes positionnés sur tous les segments de marché : BtoB, BtoC, CtoC. Cela nous donne une force unique

En 2021, Chronopost a traité 235 millions de colis et envisage une année 2022 du même niveau, marquée par une décroissance en début d’année et une forte croissance au deuxième semestre. Pour l’avenir, le logisticien est confiant, grâce à sa stratégie de diversification. « Nous sommes historiquement positionnés sur le transport express, où nous détenons 41 % de parts de marché. Mais nous sommes positionnés sur tous les segments de marché : BtoB, BtoC, CtoC. Cela nous donne une force unique. Quand le BtoB est en croissance et le BtoC va moins bien - comme pendant le Covid - nos flux s’équilibrent. C’est à nouveau le cas maintenant que le BtoC diminue, tandis que l’activité BtoB a réaugmenté. Dans notre stratégie de diversification, nous avons aussi une activité importante sur le CtoC hors domicile qui connaît cette année une croissance exceptionnelle », analyse Benoît Frette.

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